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Intervenir sur le travail d'Augustin Jeanneau n'est pas facile. Certes, à sa lecture, les idées jaillissent. On les retrouve alors sous sa plume un peu plus loin. Ce rapport restera sûrement comme une des monographies les plus complètes qui ait été écrite sur l'hystérie. Le geste d'écrire devient si impuissant à évoquer tous les thèmes abordés par le rapporteur, qu'un risque de crampe en devient compréhensible. C'est pourquoi je me bornerai à aborder un point de discussion déjà soulevé oralement avec Jeanneau: il existe sinon une hystérie théorique du moins une théorie de l'hystérie dans laquelle la lutte contre la dépression ne joue aucun rôle.
Les problèmes soulevés par l'économie des manifestations de l'hystérie, évoquées entre chaque ligne par le rapporteur, restent dans la tradition qui permit à Freud de découvrir avec les deux temps de la formation du symptôme, la période de latence d'une part, la prise en compte du surgissement de la puberté d'autre part. « … Le drame hystérique qui s'offre au regard d'autrui laisse à chacun le sentiment d'un trop perçu… » « … un mauvais réglage entre ce qui vit et ce qui se voit, entre ce qui est agi, ce qui est représenté… » Voici deux citations figurant dès l'introduction du rapport, ponctuées par une évocation d'une sorte de normalité « un trop par rapport à autre chose ». Quelle est cette autre chose? Un certain degré d' « hystérie » acceptable? Acceptée par qui? Refusée au nom de quoi? La comparaison, qui va conduire A. Jeanneau des manifestations hystériques avec toutes les autres formes psychopathologiques, prend une valeur dépassant largement la discussion clinique, il ne s'agit rien moins que d'évoquer les différentes façons qu'utilise la pulsion pour se manifester. « … il s'agit d'imaginer ce moment de la prime enfance d'où le visuel et le musculaire mélangent leur impérative exclusivité dans une impossible simultanéité des exigences de décharge motrice totale et de permanence