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Notre notion de l'hystérie est liée de très près: a) à l'invention du modèle thérapeutique et de la pratique psychanalytiques, notamment à la découverte et aux difficultés de mise au point de l'écoute analytique, impliquant essentiellement l'usage de l'attention flottante; b) à l'élaboration de la plupart des concepts cardinaux de la psychanalyse, tant pour les concepts proprement théoriques relatifs à l'appareil psychique et à la métapsychologie, que pour les concepts dits techniques. Elle a servi en quelque sorte de référence centrale et d'opérateur à toute la construction de la psychanalyse.
Elle occupe à cet égard une place sans seconde par rapport aux autres entités nosologiques et aux autres tableaux séméiologiques de la psychanalyse. Celles-ci ont été définies, elles aussi, par rapport à elle. Elle doit cette position à un investissement précoce, intense et durable de Freud sur l'expérience hystérique, qui continue, si l'on peut dire, d'agir secrètement dans les travaux tardifs des années 20. On a tout lieu de penser que cette histoire particulière exerce encore une grande influence sur nous, et, éventuellement, perturbe notre capacité de faire sur le sujet, aujourd'hui, une réévaluation suffisamment claire.
Il serait donc important qu'on n'étudie pas seulement, ici ou ailleurs, l'hystérie comme « une » des grandes catégories de la psychopathologie et de la clinique psychanalytiques, en négligeant d'interroger les traces oblitérantes que l'origine de la notion dans la psychanalyse peut avoir laissées dans notre pensée ou nos habitudes. Une approche préalable qui paraît en ce sens indispensable est de chercher à repérer d'abord ce qu'on pourrait appeler les « préjugés » de Freud à l'égard de l'hystérie, qui l'a tant fasciné.
Ces préjugés peuvent correspondre aux quatre points suivants: