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Traiter de l'hystérie, c'est reprendre une histoire millénaire, une scholastique du corps où des événements fabuleux se passaient. Si les doctes théologiens devisèrent à perte de vue sur les infinies possibilités de Dieu et de ses incarnations, les médecins ne furent pas en reste lorsqu'ils écrivirent les aventures extraordinaires des matrices insatisfaites dans le corps des femmes hystériques depuis l'Antiquité. Ainsi, l'hystérie fait-elle partie de l'histoire de la pensée occidentale.
Comme chacun sait, Sydenham, au XVIIIe siècle, mettait définitivement un terme à la pensée du Moyen Age en donnant à cette affection une origine mentale. Il l'avait d'ailleurs qualifiée de « protéiforme », indiquant ainsi la difficulté de la cerner, ce que le XIXe siècle tenta tout de même de faire mais, en 1916, Trigant Burrow, un inconnu que je me plais à citer et qui fut néanmoins un des co-fondateurs de la Société psychanalytique américaine, écrivait, concluant ainsi la recherche, dans un article intitulé: « La philologie de l'hystérie », que celle-ci défiait toute définition: « Il n'y a rien, écrivait-il, qui puisse constituer quelque chose comme un manuel adéquat de l'hystérie. Il ne peut y en avoir ». C'est sans doute à la suite de conclusions de cet ordre que le terme fut supprimé de la nosographie américaine tâchant de résoudre l'ambiguïté créée par le passé complexe du terme et l'abondante littérature qui l'entourait. Il fut décomposé en ses divers mécanismes, dont celui de « conversion » en particulier, dégagé de la référence à l'utérus originel, ce qui permettait de mieux cerner les diverses manifestations de la maladie. En France, où elle semble être demeurée une entité particulière, nous lui sommes restés fidèles, attachés que nous sommes à ce terme par un lien qui plonge dans notre passé culturel.
En fait, le terme d'hystérie est la reconnaissance par les médecins des enfants fantasmatiques que leur ont donnés toutes ces femmes qui leur portaient un secret amour. Il est