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Intervenir à ce Congrès me donne l'occasion d'exprimer à Augustin Jeanneau l'admiration qu'a suscitée en moi la lecture de son rapport qui restera pour nous un document de travail tout à fait précieux, et dont l'élégance de la forme est bien séduisante, tout comme la remarquable présentation qu'il en a faite.
C'est avec beaucoup de respect et de compréhension qu'il parle des hystériques; si je le souligne, c'est qu'effectivement, comme lui-même le déplore, ce n'est pas toujours le cas, même dans nos milieux; et pourtant, c'est bien la moindre des choses pour des psychanalystes que d'en parler ainsi: nous leur devonstant: à vrai dire notre existence, d'une certaine façon… Mais, en général, les hystériques ont plutôt mauvaise réputation.
Dans les services de médecine interne, ce n'est pas sans une nuance de mépris que l'on qualifie d' « hystérique» une malade dont les investigations n'ont montré aucune organicité; devant l'impuissance éprouvée, le médecin contre-investissant l'agressivité qu'une telle situation provoque, lui dit, dans une visée qui se voudrait rassurante: « Madame, vous n'avez rien»; ce constat sera entendu, en fait, comme l'énoncé de la castration, immédiatement resexualisée; « Ainsi, je suis châtrée», pense la patiente dont la problématique va s'aggraver, ce qui aura pour conséquence de figer le symptôme.
Dans les services de psychiatrie, ce n'est guère mieux, contrairement à ce que l'on pourrait croire: c'est souvent dans de tels lieux que l'on entend parler de chantage, de manipulation. Ma pratique institutionnelle m'a permis de constater que la pathologie « Grand H» — comme on dit — est parmi les moins bien tolérées. Il est très difficilede faire entendre aux soignants la détresse et la demande qui s'expriment dans ce comportement spectaculaire, mais bien paradoxal, puisqu'il induit le rejet de leur part, quand il voudrait attirer attention et sympathie.
Pour en revenir à la clinique analytique, en réfléchissant à mes patients hystériques, j'ai l'imp