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Arrivent, en un contexte d'urgence, des adolescents dans un lieu d'accueil. Le psychanalyste qui participe au travail technique préfère, si cela est possible, laisserle temps d'un répit avant un entretien, temps d'une possible réorganisation psychique, temps nocturne d'un rêve éventuel. Il arrive pourtant qu'on le sollicite d'emblée, l'angoisse de l'accueilli étant si dense, si diffuse, que les accueillants du lieu craignent, très réellement, une décompensation; un suicide, bien sûr, mais aussi parfois un incident, voire un accident somatique sérieux.
La névrose d'angoisse pourrait après tout s'évoquer chez certains de ces adolescents en train d'agir une rupture, qu'elle apparaisse subie ou provoquée, avec l'environnement habituel. Certains, en effet, paraissent en pleine désorganisation psychique; angoissés, certes, et peu capables de parler; les mots paraîtraient factuels si la violence, par moments, ne leur donnait une allure de projectiles. L'excitation physique, musculaire, rend bien sûr impensable un entretien classique, et l'interlocuteur psychanalyste, de n'être que témoin, sent lourdement peser sa propre difficulté à penser ce qui se passe; c'est de l'extérieur, de l'acte de départ, ou de la situation ressentie comme intenable à la maison, dont il est, apparemment, question; en fait la poussée pulsionnelle ambivalente paraît déborder le pare-excitation, laissant le corps exprimer dans la fuite, et parfois l'épuisement, ce qui ne peut s'élaborer dans le préconscient et s'exprimer en mots et affects précis.
Le lendemain, parfois, s'affinent et s'affirment une possibilité d'espace relationnel, d'émotion, une souffrance précise, un récit, une histoire… et parfois aussi, presque rien de moins ou de plus que la veille: de cette émergence plus ou moins fine de mécanismes de défense de type névrotique, rien.
Dans ces cas d'angoisse intense et diffuse, leslendemains sont imprévisibles ou presque…
Sandra, accueillie un soir dans un contexte de véritable panique sans obje