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L'adaptation de l'hystérique aux progrès de la médecine explique l'importance croissante d'une pathologie nouvelle révélée par le développement des techniques gynécologiques: la stérilité psychogène. Je souhaite, dans cette intervention, profiter de la vaste expérience et des riches considérations métapsychologiques que nous offre Augustin Jeanneau pour aborder ce problème, qui se pose fréquemment dans le cadre d'une consultation psychanalytique d'un service d'endocrinologie. Ces stérilitéssont considérées comme psychogènes, d'abord parce que l'on n'y découvre, bien sûr, aucune cause organique, mais aussi parce que l'expérience montre qu'elles peuvent céder à l'occasion d'un événement psychique: j'évoque ainsi par exemple l'adoption, bien souvent suivie d'une surprenante grossesse après des années de stérilité établie, et avec quelle minutie! Il peut s'agir aussi d'une tout autre décision du médecin qui signifie la stérilité: proposition d'une insémination artificielle, ou d'une fécondation in vitro à la première étape desquelles la patiente se présente enceinte, ou même du simple abandon du médecin qui conclut: « Vous êtes définitivementstérile, il est inutile de poursuivre le traitement…» et la grossesse survient.
S'agirait-il alors d'une réponse paradoxale, le verdict d'infécondité aboutissant à la protestation de la patiente: relâchement d'une censure inconsciente qui gouvernait cette stérilité? Mais n'anticipons pas, car il peut se produire un phénomène opposé, le médecin consulté « autorisant», semble-t-il, la grossesse « interdite»: certaines femmes deviennent enceintes après une parole rassurante: « Vous n'avez aucune lésion, vous pouvez être enceinte…» D'autres même se présentent déjà prégnantes lors de la première consultation, pourtant longtemps différée parce qu'elles « ne voulaient pas consulter, et préféraient s'en sortir toutes seules».
Toutes cesguérisons en rapport avec des phénomènespsychiques manifestes justifient l'hypothèse du caractère non organi