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Isabelle a 10 ans lorsque ses parent l'amènent à la consultation, mais, depuis deux ans déjà, elle présentait une recrudescence de phobies qui avaient alerté la famille; en particulier, peur de l'endormissement, peur du noir, incapacité à prendre seule métro, train ou avion, peur de l'eau et, depuis peu, chute du rendement scolaire.
Alors qu'elle est manifestement intelligente, elle rate tous ses contrôles.
Elle est prise de panique à l'idée qu'elle sera interrogée et qu'elle aura à répondre devant les autres. Ses parents, tous deux informaticiens, font remonter le début de ces troubles à un certain soir où le père expliquait les mathématiques à Isabelle et à son frère (plus jeune de deux ans).
Isabelle rêvassait et le père, s'apercevant qu'elle n'écoutait pas, d'un ton sec l'a envoyée se coucher. Elle a alors été en proie à une grande crise de nerfs, incapable de s'endormir et, selon les parents, la peur du noir serait manifeste depuis ce moment-là.
Isabelle, lors du premier entretien, semble attacher moins d'importance à l'incident, mais elle montre par contre un plaisir évident à détailler « ses peurs » qu'elle assimile à ses terreurs nocturnes anciennes, et qu'elle dépeint ou dessine de manière hallucinatoire.
Il y a toute une érotisation du langage lorsqu'elle explique son rituel du coucher, où le lit doit être placé dans un certain sens par rapport à la porte pour qu'elle puisse s'endormir. Sinon, il y a ce même bonhomme qui va survenir la nuit. Elle entend ses pas. Elle le voit près de son lit. Il la regarde, il va la toucher, et la description qu'elle en fait alors est, de toute évidence, celle d'un viol d'elle pendant son sommeil. Elle doit pendant ces nuits-là aller dormir avec sa mère, ce que sa mère traduit avec beaucoup de finessepar: « Elle veut s'immiscer dans notre couple. »
Lorsque la thérapie débute, toutes ces manifestations hystéro-phobiques vont passer au second plan.
Pendant toute une année, elle vient très régulièrement, mais parle très peu, m'observ