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Ayant lu le beau rapport de Luzès sur la théorie des émotions, je voulais le féliciter et le soutenir pour avoir mis au programme ce thème si important. S'il y a au Portugal des collègues qui, les uns indépendants des autres, ont voulu rendre à l'émotion un rôle beaucoup plus primordial dans la vie et le développement psychiques, il y a des « Portugais » en Hollande (Thiel a fait une thèse d'agrégation sur l'inauthenticité, Van Dantzig a, un des premiers, analysé et guéri une émotion qui pourtant semblait aller de soi: la dépression des moribonds; Van Bork a décrit l'état anxieux provoquépar l'hyperpnée involontaire et cru y reconnaître la « Angstneurose » de Freud qui, commeelle, n'était pas psychologiquementréductible; N. H. Frijda a résolu, lui, dans sa thèse d'agrégation (1956), le problème de la compréhension de l'expression faciale d'autrui).
Pour ma part j'ai eu l'idée (en 1967) que la théorie des émotions de Sartre (1939) qui fait de l'émotion un comportement magique, visant à changer le monde par des moyens magiques gouvernés par le processus primaire, « autoplastiquement », que cette théorie qui ne venait pas d'un psychanalyste (bien que Sartre ait pillé Das Unheimliche de Freud) était bien le germe d'une théorie psychanalytique des « émotions ». Le grand savant Matte Blanco a fait la même observation en 1972. Ayant presque fini The Unconsciousas Infinité Sets il a lu l'Esquisse d'une Théorie des Emotions de Sartre, et vu que Sartre l'avait devancé (sur quelques points) de 40 ans.
Ayant vu la liste des émotions primaires que donne Luzès, j'aimerais suggérer qu'il en manque une: Stoller vient de décrire dans Sexual Excitation un état qui répond à toutes les exigences pour pouvoir être appelé émotion (Luzès était d'accord avec cette suggestion).
Louis M. Tas
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