You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'évolution de la pensée de Freud à partir de l'Au-delà du principe de plaisir le conduit à tenter une théorisation de cet « instinct d'agression » qu'il a longtemps laissé hors du champ métapsychologique, mais que sa pratique — et ses réflexions sur la psychologie collective, la civilisation, la guerre — lui ont imposé. C'est l'énigme de l'autodestruction surtout qui a fait apparaître le « moi » dans ses aspects les plus ambigus, puisque, bien loin de s'identifier aux fonctions d'autoconservation vitale, il est apparu comme susceptible de préférer la répétition douloureuse, la maladie, la mort.
Entre 1920 et 1924, se développe une exploration créative de nouveaux concepts, au-delà de l'inconscient organisé par le refoulement, et la confrontation aux forces qui débordent les conditions mêmes d'un travail psychique, exploration d'un autre inconscient d'autant plus actif qu'il est inconnaissable. L'échec du travail du rêve, dans la névrose traumatique, et l'échec du travail du deuil dans la mélancolie interrogent la théorie.
Si les références biologiques sont si importantes dans ce temps de spéculation sur les conditions mêmes de fonctionnement de la psychanalyse, c'est que l'économie, et donc ce qui a toujours été pour Freud, le concept limite entre somatique et psychique, à savoir la pulsion sexuelle, indissociable du refoulement et de la première topique, ne suffit plus à rendre compte des réalités cliniques.
Le principe de plaisir dans son aspect dichotomique: plaisir associé à la diminution, ou à la décharge de la quantité d'excitation, déplaisir associé à l'accroissement d'excitation, selon le modèle psychophysique, doit être révisé en y introduisant un facteur temporel de rythmicité: degré de diminution et d'augmentation en une fraction de temps donné. Cette oscillation par rapport à un niveau constant d'excitation s'applique plus facilement à des oscillations et des niveaux d'investissement