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La psychanalyse doit-elle changer pour s'adapter au changement dans la culture, après qu'elle a, dans une certaine mesure au moins, contribué à changer la culture? Grande question souvent posée depuis une dizaine d'années. Mais peut-être vaut-il mieux se demander modestement, pour commencer, si la psychanalyse peut changer et comment, en ce cas, elle le peut. Deux voies, et deux seulement, me paraissent s'offrir à elle pour une éventuelle évolution novatrice.
1° La première est de beaucoup la plus attrayante pour des esprits dynamiques, soucieux à la fois de s'affirmer de manière originale dans notre domaine et de répondre plus vite aux demandes d'aspect inédit issues du monde contemporain en changement. Elle consiste à enrichir l'analyse en ajoutant quelque chose, au nom de son école ou en son propre nom, concepts, techniques, points de vue, aux acquis des prédécesseurs, considérés comme incomplets. Freud, nous dit-on, par exemple (et selon les tendances), avait besoin, pour s'accomplir, des apports ou trouvailles de Melanie Klein, de Jacques Lacan, de D. W. Winnicott, de W. R. Bion, de Searles ou de J. Bleger.
Cette manière de concevoir l'innovation dans l'analyse interroge ceux qui pensaient avoir à grands frais déjà engrangé l'essentiel, et pour qui les portes à la mode ont souvent des allures de fausses fenêtres. Pour eux, si la psychanalyse était à « compléter » hier, pourquoi ne le serait-elle pas encore demain? Ils répugnent à s'engager dans un chemin où, toujours inachevée, elle se définirait asymptotiquement par l'ensemble plus ou moins cumulatif des originalités notionnelles ou des procédés praticiens successivement proposés par les réformateurs passés et à venir: de l'identification projective et de la position dépressive, en passant par le grand Autre et l'objet « petit a », l'aire transitionnelle et la paradoxalité ou l'identification adhésive-glyschroïde, aux techniques d'activisme interprétatif, de silence systématique, ou d'analyse « préalable » de ce