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J.-L. Donnet rappelle (1967) que, si la résistance s'oppose au travail psychanalytique, sa présence est aussi ce qui leste la perlaboration et lui confère son poids de vérité. L'obstacle est aussi, paradoxalement, ce qui donne sa valeur au frayage psychanalytique. Telle est la valeur clinique de la butée: le nŒud problématique, lorsqu'il est pertinent, ramifie en un lieu de tension unifié des lignes éparses qui peuvent alors se rassembler en un champ problématisable, se nouer dans une structure tourbillonnaire, avant que le travail psychanalytique, patiemment, ne permette d'ouvrir de nouvelles perspectives.
L'histoire de la technique et de la théorie psychanalytiques est ainsi inséparable de ce sur quoi elle bute: la résistance.
La résistance, en psychanalyse, a d'abord été résistance du transfert. Celui-ci, tout d'abord perçu comme un effet de marge à éliminer pour que le dévoilement du sens intrapsychique et historique du symptôme puisse continuer, va devenir — dans un renversement dialectique typique de la démarche psychanalytique — le levier par lequel l'analyse va pouvoir se poursuivre. L'effet de marge périphérique devient l'axe central du processus psychanalytique (même si son maniement reste délicat comme en témoigne encore le texte de S. Freud de 1915 sur l' « amour de transfert »).
Mais, et là encore ce processus est typique de la psychanalyse, dès lors que le transfert est devenu le vecteur même de l'analyse, c'est son « absence » qui fait problème. C'est ce qui n'arrive pas à se déployer suffisamment dans le transfert, ou se refuse à ce mode de réminiscence, qui forme le point nodal de la résistance. La résistance devient alors résistance au transfert, et la question technique majeure devient celle