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Commenter un livre cinq ans après sa parution, c'est lui reconnaître déjà l'importance qu'il mérite car le temps, au sens le plus simple du terme, efface vite les écrits qui méritent l'oubli. Avecl'ouvrage de Flournoy, nous nous trouvons devant un texte qui nécessite qu'on s'y arrête et qu'on y réfléchisse, autant par le sujet qui est abordé que par la forme séduisante de sa présentation et de son écriture.
Il en est de ce livre comme de certains jeux où l'annonce est faite d'emblée qui avertit clairement le partenaire, ici le lecteur que nous sommes, de ce qu'il va trouver et qui engage de la même façon l'auteur dans son projet. Le texte qui va suivre, est-il dit ainsi, est la réflexion d'un analyste sur le temps, compte tenu de ce que la théorie lui a apporté, compte tenu aussi de ce que la pratique lui a permis d'acquérir, tous éléments qui n'ont de valeur et ne prennent signification que dans la mesure où l'analyste est pris au jeu en impliquant son propre temps, c'est-à-dire son propre roman analytique.
Dès la première page nous sommes ainsi conduits à ne pas penser comme objets séparés, l'autre et nous-même, pas plus qu'à cliver un présent d'un passé. La généalogie fictive en ce point est plus vraie que l'histoire réelle que nous apporte autrui, si bien que dans la dédicace qui termine l'introduction la mêlée est faite, indissociable, dans le mot « parent » qui s'applique tout autant à la filiation civile qu'à la filiation analytique.
En fait pour qui a écrit, ou simplement s'est penché de près sur le Temps et la Psychanalyse, le livre de Flournoy est d'autant plus riche à parcourir qu'il se situe dans une perspective par certains côtés très proche, par d'autres au contraire assez éloignée et permettant de fructueuses discussions. Je ne parle pas ici des conclusions auxquelles chacun peut aboutir encore que conclure dans ce domaine, on ne peut qu'y échapper; je ne parlerai pas non plus des fondements freudiens auxquels chacun peut se référer car la lecture de Fre