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Ces notes de lecture sont le résultat d'un travail collectif réalisé au sein du groupe lyonnais. A la suite de deux exposés — le premier d'Henri Martel résumant l'ensemble des thèmes du livre de Sulloway, Freud, biologiste de l'esprit, le second dans le cadre du séminaire de Jean Bergeret et Henri Vermorel, de Marcel Houser approfondissant quelques points particuliers du même livre, chacun suivi de discussions passionnées — est née l'idée de rédiger les réflexions et les critiques qui avaient été émises sur ce livre intéressant et stimulant. Même si en tant que psychanalystes il est difficile d'en partager toutes les idées, nous saluons l'initiative d'André Bourguignon qui en a permis la traduction. Dans son avant-propos, celui-ci nous souligne que Freud, biologiste de l'esprit est avant tout un livre d'histoire de la connaissance, des idées et des mentalités nous décrivant l'univers et le milieu scientifique où sont nées les théories freudiennes. Car ce sont bien des idées et des faits venus de tous les champs du savoir que Freud a su réunir en une construction théorique majeure. En connaître les sources n'enlève rien au génie de Freud. Nous voudrions transmettre aux lecteurs tout l'intérêt que nous avons pris à en discuter.
Ce livre de Sulloway, Freud, biologiste de l'esprit, comprend trois parties: les deux premières sont une biographie intellectuelle de Freud, la troisième, une réflexion sur la constitution de son mythe. Une abondante bibliographie de 56 pages le complète.
Sulloway appelle Freud un cryptobiologiste: pour lui, la pensée de Freud est une psychobiologie dont les sources biologiques ont été généralement méconnues. Déjà Jones appelait Freud le Darwin de l'esprit, mais le considérait comme un pur psychologue, alors que pour Sulloway, la plupart des conceptions fondamentales de Freud sont biologiques dans leur inspiration et sont les principales héritières de la pensée scientifique de Darwin. Pour lui, la plupart des concepts de Freud sont à envisager d