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J'ai choisi d'aborder le thème de la représentation de l'affect pour essayer de reprendre certaines des idées que j'avais émises à ce propos et pour évaluer non seulement les rapports de la représentation et de l'affect mais la fonction représentative de l'affect, à savoir si on peut attribuer à l'affect une fonction de représentation et comment cette fonction de représentation peut prendre place dans notre conception du psychisme.
Je continue à rester fidèle à l'observation de Freud que j'ai mise en exergue de mon travail Le discours vivant. Il écrit: « La difficulté ne consiste pas dans la nature abstruse des spéculations auxquelles ils donnent naissance2; les considérations spéculatives ont peu de part en la matière, mais c'est vraiment une question de conception, c'est-à-dire d'introduction des idées abstraites justes dont l'application apportera ordre et clarté au matériel brut de l'observation. »
Je ne sais pas si je réussirai à apporter plus d'ordre et de clarté, mais je suis convaincu que c'est en effet une question de conceptions tant il est difficile de définir la nature de l'affect et de situer sa place dans l'inconscient. C'est dans la mise en œuvre de modes de pensée qui soient assez éloignés de la conscience et des rationalisations de la conscience que réside la véritable difficulté.
Il ne s'agit plus pour moi de m'arrêter à ce qui a été le point d'aboutissement du travail que j'avais fait autrefois, soit à distribuer l'affect en deux catégories, l'une intégrée à la chaîne des représentations, et qui aurait dans ce cas une valeur de signal, l'autre, facteur de désorganisation traumatique, ce qui reprend les deux formes de l'angoisse que Freud décrit dans Inhibition, symptôme, angoisse. Je voudrais tenter