You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Freud a conté et commenté l'oubli qu'il fit du nom du peintre Signorelli. L'oubli portant sur le nom d'un homme connu en raison d'une œuvre léguée à la postérité constitue un exemple concret et complexe d'une déliaison entre une représentation de mot — le patronyme — et les quelques représentations de son œuvre qui viennent à l'esprit d'un sujet donné, choix ayant une organisation subjective.
Oubliant le nom de Signorelli, Freud se souvient avec vivacité des fresques ornant l'église d'Orvieto. A la place d'un nom disparu de la conscience, disons plutôt entravé dans la voie qui mène du préconscient au conscient, voilà des impressions sensorielles d'autant plus vives que l'absence de nom obsède. Si ce processus semble être celui du refoulement inversé puisque la déliaison se fait alors entre le mot et la chose, il est analogue avec bien des différences à celui de la formation d'un rêve.
Les différences: si le nom de Signorelli reste en latence c'est parce qu'il ne peut parvenir à la conscience alors que la pensée latente parvenue à la conscience est mise en latence.
La mise en latence d'une pensée passe inaperçue et subit un contreinvestissement qui lui permet d'attendre le sommeil pour déclencher et s'inclure dans le travail du rêve.
La retenue de Signorelli en latence déclenche sans délai le vécu du trou de mémoire sur lequel Freud n'épiloguera guère d'une part, d'autre part le souvenir visuel d'images non élaborées par Freud mais probablement rangées selon un ordre qui lui est personnel.
Bien qu'on ne sache rien à ce propos, vraisemblablement, cet ordonnancement doit aboutir à quelque réalisation de désir. Néanmoins, Freud insistera sur le fait que le nom de Signorelli n'est signifiant que par rapport au sujet précédemment discuté avec son interlocuteur, affirmation qui laisse le lecteur pantois dans la mesure où la première syl