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« Une nuit, nous flânions ensemble dans une longue rue sale, avoisinant le Palais-Royal. Nous étions plongés chacun dans nos propres pensées, en apparence du moins, et, depuis plus d'un quart d'heure, nous n'avions pas soufflé une syllabe. Tout à coup, Dupin lâcha ces paroles:
— C'est un bien petit garçon en vérité, et il serait mieux à sa place au Théâtre des Variétés.
— Cela ne fait pas l'ombre d'un doute, répliquai-je, sans y penser et sans remarquer d'abord, tant j'étais absorbé, la singulière façon dont l'interrupteur adaptait sa parole à ma propre rêverie.
« Une minute après, je revins à moi et mon étonnement fut profond… »
Les psychanalystes d'enfants ont-ils leur mot à dire au cours de ce débat sur le statut du concept de représentations en 1984? Comme on peut s'en douter, leur témoignage n'apporte guère d'élément permettant de faire avancer une discussion sur les rapports de la pensée et du langage, ni sur l'existence d'une pensée préverbale. La pratique psychanalytique avec des enfants ne rend pas plus clairs les rapports de l'histoire du sujet avec une explication génétique. Tant que le sujet ne parle pas volontiers de lui-même et de ses propres expériences, le psychanalyste a un certain mal à se représenter les représentations de son patient. Tout ce qu'il peut faire, c'est constater que cette difficulté est variable et que, dans des moments privilégiés, il peut assez bien imaginer ce que l'enfant pense et ne dit pas et trouver même les mots que l'enfant aurait pu utiliser. Autrement, le jeu de l'enfant, ses dessins,