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J'étais venu à Deauville avec l'idée que l'on y parlerait peut-être de l'origine de la représentation. Ayant récemment travaillé la notion de fantasmes originaires2, je pensais être un familier du sujet, mais je n'en suis plus aussi s ûr; dans ce travail, j'indiquais, bien entendu, que mon intérêt pour les origines concernait les reconstructions dont l'analyste a besoin; ainsi que nous l'a bien précisé A. Gibeault, l'originaire est dans l'après-coup, il s'agit, a écrit ailleurs J. Bergeret3, de constructions imaginaires rétro-actives; il n'est pas question de leur attribuer une valeur scientifique, même si, à l'instar de Freud, l'analyste tente parfois de leur trouver de fragiles points d'appui dans des sciences dont l'évolution incessante le dépasse. L'utilité de ces reconstructions réside dans leur fonction structurante au cours de la relation analytique, à condition qu'elle ne fasse pas obstacle à l'écoute enrichissante des reconstructions du patient, tout comme dans un colloque on s'enrichit des reconstructions élaborées par les collègues.
J. Laplanche et J.-B. Pontalis4 soulignent que la représentation, au sens de la philosophie classique, est un phénomène conscient, c'est le fait de se représenter un objet; quand Freud parle de la représentation inconsciente, c'est de la trace mnésique de la représentation qu'il s'agit, trace qui, une fois réinvestie par un quantum d'affect, réévoquera la représentation dans le conscient. Comment comprendre ces traces mnésiques? La parfaite expérience de satisfaction effaçant