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Examinés sous l'angle d'un « langage pictural », pour reprendre le mot de Freud1, deux sortes de rêves constituent l'équivalent d'un système bipolaire: le rêve d' « expression imagée »2 et le rêve informe. Par rêve d' « expression imagée » on peut entendre une mise en scène de personnages dialoguant dans un cadre usuel concret, une production cinématographique en somme. Tellement cinématographique que j'userais volontiers d'un exemple porté à l'écran pour illustrer mon propos, car cet exemple peut tenir heu de séquence rêvée. Je veux parler de la scène du duel dans Barry Lindon. On se souvient que le héros est provoqué par son beau-fils; celui-ci, sous couvert de légitimité pour recouvrer et l'honneur de sa mère et la jouissance de sa fortune, trouve finalement le moyen de donner libre cours à son Œdipe en faisant appel aux modalités en usage à l'époque. Le repérage du niveau conflictuel n'échappe à personne.
Le rêve informe peut se limiter, en revanche, à une seule impression de lumière, de bien-être, de chaleur indicible, un climat où le rêveur sait qu'il s'y trouve même s'il ne se voit pas. Un essai de repérage situerait volontiers ce rêve dans l'espace d'un maternel de l'en-deçà de l'Œdipe.
Une lecture hâtive pourrait conduire à considérer le premier type de rêve comme riche en formes, et le second comme riche en qualité. En réalité, nous savons bien que les formes apparentes renvoient à une qualité d'ambiance, que la qualité purifiée, aussi purifiée soitelle, est toujours une forme. Forme et qualité sont donc deux aspects indissociables du processus de figuration dans le rêve.
Pas seulement dans le rêve: qu'on se souvienne de Turner. Le Temple de Jupiter Panellenius restauré (1810), œuvre classique s'il en est, presque académique, brossée sous l'influence de Claude Lorrain,