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La manière dont on peut concevoir les rapports du fantasme et de la représentation est fort peu articulée dans l'œuvre théorique de Freud; c'est pourquoi sans doute elle reste controversée et le plus souvent implicite dans la pensée psychanalytique contemporaine. Cependant, l'accord se fait généralement sur l'idée que les notions de fantasme et de représentation ne se confondent pas.
Dans le mouvement de la découverte freudienne, il est clair que ces deux notions ont des sources distinctes, et qu'elles s'inscrivent dans des « veines » conceptuelles différentes.
Le statut théorique de la représentation en psychanalyse est principalement articulé autour de la théorie des pulsions, et trouve ses formulations les plus complètes et les plus cohérentes dans les écrits métapsychologiques de la période 1915-1917. On sait que la représentation y est définie comme « représentant » de la pulsion, au même titre que l'affect, ou plus exactement en complémentarité avec ce dernier.
Cette définition centrale de la représentation est à l'origine de certains malentendus, manifestes ou plus souvent occultés dans bien des écrits contemporains, dans la mesure où elle s'éloigne beaucoup de l'acception la plus usuelle de la notion de représentation. Cette acception, loin de renvoyer exclusivement à la pulsion — dans une conception strictement méta-psychologique et d'ailleurs datée dans l'œuvre de Freud —, se réfère à toute réalité (perceptible ou inférée) dont l'appareil psychique est susceptible de produire un reflet ou un modèle purement mental; il s'agit bien alors, au sens plein, d'une re-présentation psychique, qui acquiert une existence propre en l'absence de perception actuelle de toute réalité extérieure. Conception trop banale de la représentation, dira-t-on, dont les relents philosophiques ou psychologiques ne doivent pas contaminer l'or pur de la métapsychologie freudienne… Ce serait bien trop vite dit! Car, en de