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Je ne me permettrai de rendre compte de ce grand et éloquent ouvrage — j'entends ici, dans notre revue — que parce que toute la naissance de l'inconscient et l'apparition de la psychanalyse inventée par Freud y sont en puissance.
On pourrait même dire que cette « gestation » apparemment psychiatrique concerne essentiellement le futur enfant appelé « psychanalyse ».
Du moins ai-je entendu ainsi le propos des écrivains, ce qui fait qu'évidemment j'oriente ma critique dans ce sens, laissant de côté délibérément la critique sociologique et épistémologique. Je prends donc, eu égard aux auteurs et aux lecteurs de cet article, que j'encourage à lire ce très important ouvrage, quelques précautions « personnelles » que j'intitulerai « préambule ».
1) Je dois dire d'abord que la lecture de ce livre m'a non seulement enthousiasmé, mais m'a donné à réfléchir abondamment. C'est un de ces rares ouvrages qui nous délivrent de l'air du temps morose, sinistre et… prétentieux.
Dans l'ordre de la pensée, ces trente dernières années nous ont livrés à l'affectation intellectualiste des « clercs » (je n'ose pas dire intellectuels), des « maîtres à penser » dont l'esprit totalitaire n'a pas fini de faire des ravages. La psychanalyse a beaucoup mangé de ce pain-là… et continue. Je suis sûr que c'est le signe de sa perte, de sa désaffection, malgré son apparente extension. Le « freudisme » comme tentative autoritaire et désespérée d'en « finir » avec la psychanalyse a gangrené la pratique de la cure même. Le même idéalisme ici, l'inconscientialisme — qu'avait pourtant stigmatisé Freud — a noyauté toute la pensée occidentale, et la « révolution démocratique libérale » en a été perpétuellement atteinte.
L'œuvre de Freud et l'invention de la psychanalyse représentaient un extraordinaire équilibre — malgré tout le positivisme de Freud —, une homéostasie entre idéologie du privé et idéologie du social, entre langage à implication sociale, publique et le langage à réserve imaginaire de l' « i