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Les étudiants, grâce à la Fondation Santé des Etudiants de France, ont peut-être été l'un des premiers groupes socioprofessionnels qui aient confié à la psychanalyse l'organisation de leurs soins psychiques. L'analyse et les psychothérapies analytiques ne sont qu'une partie des thérapeutiques utilisées à la Clinique de cette Fondation, mais la compréhension générale de la psychopathologie des étudiants en traitement dans cette clinique repose essentiellement sur la psychanalyse depuis qu'Henri Danon-Boileau en a pris la direction, en 1956. Cette situation, qui n'avait peut-être pas que des avantages, a permis à Henri Danon-Boileau d'accumuler une expérience clinique extraordinaire du symptôme commun à presque tous les étudiants qui arrivaient à la clinique: l'échec universitaire.
C'est à l'étude de la détermination inconsciente de cet échec qu'Henri Danon-Boileau a consacré son dernier livre. Il retrouve ainsi, pour la critiquer et la dépasser, une tradition de la psychanalyse française qui vient de Laforgue. On sait que ce dernier avait individualisé sous le nom de « névrose d'échec » une entité clinique caractérisée par l'intolérance au succès dans les domaines les plus variés. La critique de Danon-Boileau porte:
Sur la non-spécificité de la névrose d'échec par rapport à toute névrose qui satisfait toujours le masochisme moral du patient;
Sur le caractère disparate des tableaux cliniques décrits;
Reprenant une objection de Laplanche et Pontalis, sur le caractère plus descriptif que nosographique de la notion de névrose d'échec;
Sur les implications idéologiques des travaux de Laforgue, qui déconseillait, entre autres, des salaires trop élevés dans le but de prévenir la névrose d'échec des salariés.
Danon-Boileau soutient pourtant la spécificité de la névrose d'échec, mais à condition de n'en parler que lorsque le non-aboutissement du projet concrétisé par une réussite sociale joue un rôle central dans l'économie psychique du sujet (p. 16). Lorsque l'échec est la conséqu