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Le livre de R. Schafer qui devait servir de point de départ à notre discussion sur la fonction de la métapsychologie est volumineux, savant, et, m'a-t-il semblé — car je l'ai lu en anglais —, assez souvent inspiré. Seule une réflexion approfondie, exigeant sans doute une connaissance de la philosophie analytique et de l'épistémologie que je n'ai pas, permettrait son évaluation rigoureuse.
Il va de soi que je ne lui rendrai pas justice en prélevant deux de ses postulats, partiellement contradictoires, pour introduire mon propos; celui-ci, transformé en parcours pour les besoins de l'exposition, ne contient à vrai dire que des remarques sur l'écart théoricopratique en psychanalyse. Je n'argumenterai pas sur la différence entre théorie et métapsychologie, me contentant de noter que, si la métapsychologie est la théorie de la psychanalyse, ce qui la distingue des autres théories coïncide avec ce qui spécifie l'objet psychanalytique. Que le psychisme inconscient se dérobe et résiste à la connaissance marque sans doute décisivement le statut de notre théorie: destinée à rendre compte de cet objet comme à le constituer, elle se trouve elle-même en faire partie, en fonction des « résistances inconscientes du Moi » (qui ont amené Freud, précisément, à changer sa théorie).
Le Lalande recense assez bien ce qui « menace » la théorie — en tant que « construction spéculative de l'esprit, rattachant des conséquences à des principes », — sous la forme de ce qui s'oppose à elle; c'est-à-dire:
par opposition à la pratique: ce qui est l'objet d'une connaissance désintéressée, indépendante de ses applications;
par opposition à la pratique, dans l'ordre normatif: droit pur ou bien idéal;
par opposition à la connaissance vulgaire: conception méthodique,
systématiquement organisée et dépendante dans sa forme de certaines conventions n'appartenant pas au sens commun;
par opposition à la connaissance certaine: opinion d'un savant sur une question controversée;
par opposition au détail de la Sci