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La sorcière vieillirait-elle?, quels ingrédients nouveaux, quelles épices exotiques les analystes, à commencer par Freud lui-même, ont-ils versés dans son chaudron, et pour quelle mixture? Autrement dit: la métapsychologie est-elle en devenir, et, si oui, chez Freud et à partir de lui, que devient-elle? La réponse est d'autant plus difficile qu'elle passe d'abord par une définition de la métapsychologie; définition ellemême variable dans le temps de l'histoire psychanalytique et dans l'espace géographique de son déploiement.
Si le survol de certaines spéculations anglo-américaines plonge les analystes français dans une perplexité dubitative (voir l'article de G. Diatkine), celui des positions repérables en France, et même plus avant, dans l'œuvre de Freud, induit aussi un sentiment de diversité, qui, à nous être familier, n'en demeure pas moins étrange. L'éventail de ces positions est en effet assez remarquablement ouvert et riche: depuis la stricte définition de 1915 en référence aux trois points de vue, jusqu'à la pluralité des définitions données par les uns et les autres et qui sont bien souvent en contradiction les unes par rapport aux autres!
Science ou pas, de la nature ou des significations; théorie de la théorie ou théorie de la pratique; référence conceptuelle pendant la séance et pendant la cure ou spéculation parallèle (Freud écrivait le soir après les séances et dans une autre pièce); bricolage personnel (chaque analyste se « fait » sa propre métapsychologie), ou plate-forme du commun dénominatif (est dénommé psychanalyste celui qui, à tout le moins, adhère à un corpus fondamental et fondateur), etc.? On n'en finirait pas d'énumérer les alternatives, d'autant que cet imbroglio offre à repérer des trames diverses, pas seulement théoriques et histo