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Certains auront remarqué, comme moi-même d'ailleurs, que je parle de plus en plus souvent d' objets esthétiques. Il est vrai que dans ma pratique analytique certains changements sont survenus en ce qui concerne mes idées sur la nature de la souffrance psychique, et l'organisation des processus défensifs contre cette souffrance. Ces idées s'écartent quelque peu de celles de Melanie Klein. Cela est partiellement dû à l'assimilation progressive des idées du Dr Bion sur ce qu'il appelle la césure de la naissance, sur la transition entre être un animal aquatique et un animal aérien. On peut porter son attention sur cette transition. On peut commencer à penser à la vie intra-utérine, en tout cas aux derniers mois de celle-ci, comme à une période où l'enfant aura des expériences émotionnelles. On peut, à partir de ce que nous montre le matériel clinique, tenter de saisir conceptuellement la nature de cette expérience, ainsi que la façon dont celle-ci prépare l'enfant à la transition vers une vie hors du corps maternel. On peut prendre en considération quelque chose de l'ordre de la préparation instinctuelle, ou, comme dirait Bion, des préconceptions innées qui sont déjà en train de se mettre en place in utero: les différents appareils sensoriels (visuel, auditif, gustatif, etc.) sont déjà stimulés par la nature de l'objet dans lequel se trouve le bébé, même si ce n'est que de façon indistincte, tamisée. On peut également tenir compte du fait que, pendant les deux derniers mois de la vie intra-utérine, le bébé se met à être très contraint par ce contenant; il n'a maintenant quasiment plus de place pour bouger, il peut, bien sûr, remuer et changer de position, mais, à mon avis, il doit se sentir terriblement coincé là-dedans; son corps doit aspirer à se libérer de cette constriction. Il me semble que Bion avait tout à fait raison de penser que le