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Accepter de contribuer à un travail de révision des concepts métapsychologiques c'est, me semble-t-il, accepter l'invitation au goûter perpétuel du Lièvre de Mars dans Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll: lorsque les convives ont terminé leur repas, tout le monde se déplace d'un rang et, par conséquent, seul le premier aura une tasse propre — à condition toutefois qu'il y ait davantage de couverts que de convives. C'est dire que, selon moi, nous avons toutes les chances (moins une, réservée au génie) que notre recette ne soit qu'un remake de celles de nos prédécesseurs, non seulement quant au contenu, mais aussi — et surtout peut-être — quant au contenant. Notre seule chance est d'utiliser au mieux les ingrédients qu'ils nous ont laissés et de composer à notre tour, en y ajoutant les nôtres, un breuvage potable à double titre: scientifiquement digestible — c'est-à-dire obéissant au principe de réalité — et qualitativement agréable au goût — plaisirable serait le terme adéquat s'il existait en français. Un danger nous guette: celui d'importuner par trop les autres convives avec notre façon de rêver la métapsychologie et de subir alors le sort du Loir, qui fut refoulé directement dans la théière de l'Inconscient, où il mijote désormais sans plus déranger personne.
Mais c'est Alice-le-Moi qui, comme toujours, prévoit le pire des dangers: qu'arrivera-t-il lorsque le premier convive aura fait le tour de la table et se retrouvera devant une tasse X fois utilisée?… Nous savons qu'Alice se fait rabrouer pour l'insolence de sa question et que son rêve prend un cours nouveau. Pour nous, psychanalystes, il peut! être intéressant que chacun rêve à sa solution personnelle du problème. En effet, notre premier convive — Freud — a quitté la table depuis quarante-six ans. D'autres, plus ou moins géniaux, l'ont suivi. Mais