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Le titre du livre d'Olivier Flournoy est né d'un jeu avec les mots n'excluant pas l'humour: un enfant n'y est-il pas jugé: Pas sage? Du passage à l'acte (acting out), on passe au pas sage à l'acte, pour aboutir à l'acte de passage. A la polysémie du verbe passer du substantif acte, mettant en cause vie et mort, s'ajoute le qualitatif sage. La locution en question couvre ainsi la distance qui sépare l'enfant sage (si souvent perturbé) d'un sage adulte, image d'une heureuse maturité.
Comme déjà dans son précédent livre, le matériel survenant au cours de la cure psychanalytique organise la pensée de l'auteur. Ce dernier exprime même une certaine défiance pour tout autre point de vue. Dans Le tempsd'une psychanalyse, O. Flournoy avait souligné l'importance d'un temps secondaire, celui de l'analyse qui permet d'inclure par voie associative, et d'interpréter, tous les faits de la vie d'un sujet2. Ceci amène O. Flournoy dans son dernier ouvrage à concevoir le passage à l'acte, par exemple d'une séance manquée, comme une situation qui prive les deux protagonistes de toute élaboration dans ce temps secondaire. Sans temps secondaire, pas d'interprétation possible; ce qui a pour corollaire que toute théorisation devient alors parfaitement aléatoire. L'acte de passage par contre n'est pas un acte mais un propos de l'analysant gros d'un projet ultérieur, et qui apparaît aux yeux de l'analyste comme des séries associatives prises dans les liens du transfert tout en tendant au détachement des fixations infantiles. Selon l'auteur, ces morceaux de discours échappent à toute interprétation, et donc à un temps secondaire. Ils y échappent parce qu'étrangers à l'analyste qui perçoit soudain avec surprise l'émergence d'un sujet pourvu de goûts spécifiques non hypothéqués par le conflit œdipien. Comment O. Flournoy en arrive-t-il à cette conclusion à la fois originale et complexe? Tentons de suivre le cheminement de sa pensée qui, répétons-le, se centre avec vigueur sur la cure psychanalyt