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J'ai l'avantage depuis quelques années de faire, dans le cadre de l'Institut de psychosomatique, en compagnie de Nicos Nicolaïdis et Henri Martel, un séminaire portant sur la sémiologie psychanalytique.
Quelles que soient les positions préalables, la construction d'une sémiologie psychanalytique ne peut se passer d'un point d'appui métapsychologique. Je pense notamment à la discussion qui a eu lieu ici même entre moi et Florence Bégoin. Cette discussion a fait apparaître des conceptions métapsychologiques sensiblement différentes. En effet, l'utilisation de la notion d'identification projective, par exemple, implique une topique, une dynamique, et une économie particulières.
L'observation qui va suivre a été faite dans une institution psychiatrique, et je remercie Jacques Azoulay et son équipe de m'en avoir donné l'occasion. En conséquence, premier aspect du point de vue topico-dynamique: je viens de l'extérieur pour discuter d'une méthode d'examen clinique avec une équipe soignante, but à première vue didactique, laissant quelque peu le patient de côté. Je viens du dehors, au sein d'une institution, groupe social ayant son unité propre.
M. X…, 35 ans, originaire du Maghreb, a été averti de la consultation et l'a acceptée. Cet homme jeune, bien de sa personne, correctement vêtu, m'apparaît d'emblée vigilant et attentif de ma personne. Impassible, il ne fait aucun effort pour attirer la sympathie de l'étranger que je suis pour lui. A mon « Je vous écoute », il me répond: « En arrivant ici, je suis resté cinq mois silencieux. » Affirmation contenant un mélange flou d'autosatisfaction et de défi. Il ajoute: « Posez-moi des questions. »
Etant donné l'attitude d'activité vigilante, la menace de mutité, je n'entends nullement cette invitation à le questionner comme visant à atteindre quelque satisfaction passive et je ne le suis pas sur ce terrain,