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« Toute société, comme tout paysage, ne prend vie et animation qu'à partir d'un point de vue. »
Feuilletant la Freud Concordance, premier étonnement: le terme métapsychologie n'est employé dans l'œuvre de Freud que sept fois, et l'adjectif métapsychologique vingt-quatre fois. Parmi ses usages, ce terme désigne un projet non réalisé: les « Eléments pour une Métapsychologie » en vue « d'éclaircir et d'approfondir les hypothèses théoriques qu'on peut mettre au fondement d'un système psychanalytique ». Ces « Préliminaires à une Métapsychologie », autre traduction du titre de ce volume, disent bien l'incertitude du projet qui se réduisit à cinq articles connus et sept autres détruits probablement. Le seul qui mérita de porter la marque même de la métapsychologie fut le « Complément métapsychologique à la théorie du rêve ». Car Freud ne donna le nom de Métapsychologie au rassemblement des essais de 1915, que nous connaissons sous ce nom, que lors de la composition de ses Gesammelte Schriften en 1928.
Projeté comme une somme des fondements théoriques de la psychanalyse, en un temps de crise et de rupture, on sait que cet abandon fut directement lié aux remaniements théoriques que cette crise conduisit à mener. Le système psychanalytique, plutôt que de se clore, devait pour subsister se renouveler tout en préservant l'originalité de sa méthode; il lui fallait donc un cadre garantissant une constance conceptuelle, une cohérence interne de la théorie et permettant une communication. Face aux résistances qui menaçaient la psychanalyse, devait se dresser un ensemble théorique auquel se référer pour la pratique;