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Je chercherai ici, avec une double visée, à interroger ma clinique pour y repérer les hypothèses métapsychologiques sous-jacentes à mes interventions — ou à mes silences —, pour soupeser les effets signalables, sur ma technique et sur ses fondements métapsychologiques, du polyglottisme ou, plus exactement, du bilinguisme freudien-kleinien qui présida à ma formation psychanalytique.
Je ferai d'abord, introduction à mon avis nécessaire, quelques considérations premièrement sur le polyglottisme en 1985 et deuxièmement sur les différences entre « langue » freudienne et « langue » Kleinienne.
On se réfère généralement à la métapsychologie sous son aspect d'abstraction (ensemble de modèles conceptuels plus ou moins distants de l'expérience, théories…1). Freud, en effet, la définit de la sorte, mais il l'appela aussi sorcière, métaphore qui évoque la pratique, la cuisine, le savoir-faire, magique et quotidien à la fois2. Et Freud n'employait pas sans raison ses métaphores.
La métapsychologie envisagée comme sorcière « à la cuisine » (n'oublions pas la scène du Faust, « Cuisine de la sorcière », que Freud, en divers écrits, a citée presque en entier3) ne peut contenir des aspects économiques, dynamiques et topiques juxtaposés, mais lie entre eux les ingrédients du gâteau, du philtre ou du breuvage magique sousjacents à toute compréhension, même s'ils ne sont parfois conceptualisés