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Les deux premiers volets du triptyque de Bowlby, Attachement d'abord, Séparation, définie comme perte temporaire ensuite, ont pu donner lieu à une discussion serrée des notions et du cadre conceptuel éthologiques et systémiques dont l'auteur se réclame, non sans avoir malmené quelques concepts psychanalytiques au passage2. Le troisième tome, intitulé La perte, celle-ci désignée à l'occasion comme séparation définitive, se réclame des mêmes principes. L'apparente tautologie ne fait que souligner la profonde unité de la problématique annoncée par le sous-titre: Tristesse et dépression. Même si Bowlby ne manque jamais une occasion pour rappeler ses options théoriques, la clinique est bien plus présente ici que dans les deux volumes introductifs.
Le plan de l'ouvrage est simple. Une discussion préliminaire assez longue des problématiques conjoncturales permet d'avancer les idées forces. La thèse défendue avec vigueur tout au long des quelque 600 pages est la similitude entre les réactions à la perte chez l'enfant et l'adulte. Les mécanismes sous-jacents au deuil sont supposés rester les mêmes, du moins après l'âge de 16 mois. L'auteur s'en tiendra ainsi, implicitement, au-delà de la description phénoménologique, à un point de vue essentiellement économique. La dynamique est abordée avec prudence. L'incorporation de l'objet du deuil pathologique, la dimension narcissique prémorbide de la relation objectale, les triomphes et les défaites du Surmoi dans la mélancolie sont réduits ou oubliés sans discussion sérieuse, à une simple identification. Cette dernière idée est présentée comme centrale dans la conception de la dépression chez les psychanalystes en général et chez S. Freud en particulier, et rejetés d'une manière telle que seuls les Anglo-Saxons formés à l'école structuraliste de Hartman peuvent se sentir visés.
L'essentiel n'est cependant pas là. Le véritable leit-motiv du livre, qui laisse transparaître la chaleur transférentielle de l'auteur, est l'importance qu'il