You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Monsieur le Président,
Monsieur le Professeur Luquet,
Mes chers Collègues,
Je vais encore une fois me hasarder à m'adresser à vous en français, dans l'espoir d'être pardonné si le message que je souhaite vous faire parvenir est mis à mal par la traduction. Traditore dit-on en italien, faisant allusion aux nombreuses trahisons dont les traducteurs se sont rendus coupables. Au cours des quatre dernières années j'ai douloureusement compris à quel point les problèmes de langue pouvaient diviser les gens, même lorsqu'ils ont en commun un langage scientifique de base. La langue peut certes constituer une source de malentendus, avec les conséquences désastreuses que cela comporte pour les relations personnelles et les rapports de groupes. Il arrive souvent malheureusement que nous ne prenions pas assez de précautions dans ce domaine. Il est bien sûr très agréable de parler la même langue dans une conférence comme celle-ci; c'est là une des raisons de son intérêt et de sa popularité. Mais je voudrais vous rappeler qu'une toute petite partie seulement de votre discussion parviendra à la connaissance du public dans les pays où le français est moins pratiqué. Je me suis trouvé conforté dans cette opinion par l'expérience que je viens de faire en raison de ma participation aux travaux du Comité du programme pour le Congrès de Hambourg. A un moment donné, ce comité semble s'être trouvé à cours de lecteurs français. On s'est donc adressé à moi vraisemblablement en raison de ma position si proche du Siège. Une série apparemment interminable de textes rédigés en français s'est abattue sur mon bureau. Je sais que je ne devrais pas le dire, car le nom du lecteur de textes proposés par le Congrès est un secret bien gardé. Cette indiscrétion va probablement me faire perdre ma place. Quoi qu'il