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Chers collègues, chers amis,
Permettez-moi tout d'abord de vous faire part du plaisir que j'éprouve à me trouver parmi vous. Puis d'exprimer au nom de l'Association psychanalytique de France notre cordiale et confraternelle solidarité. La langue française qui nous rassemble sous la double bannière de la francophonie et du particularisme roman, ne doit cependant pas nous faire oublier que la psychanalyse a été depuis toujours un langage universel.
Je me réjouis donc tout particulièrement de l'honneur que nous font Adam Limentani et Moses Laufer d'être des nôtres: ils nous rappellent notre appartenance à une communauté de pensée et de travail qui a su surmonter les obstacles linguistiques et culturels et survivre aux conflits et aux dissensions théoriques qui parcourent le mouvement analytique depuis sa fondation il y a près de soixante-quinze ans.
C'est pour une raison analogue que ma présence à cette tribune revêt, à mes yeux du moins, une valeur d'indice pour autant qu'elle connote ce que la situation actuelle de la psychanalyse en France a de particulier.
Il est vrai que d'un pays européen à l'autre, divers modes d'organisation se sont élaborés. Ainsi en Allemagne fédérale de nombreux Instituts de formation, disséminés sur tout son territoire, demeurent rattachés à une seule Société analytique. En revanche, deux Sociétés indépendantes fonctionnent en Espagne ce qui pourrait trouver sa justification dans la règle géographique. Tandis qu'en Grande-Bretagne trois courants analytiques nettement différenciés cohabitent, sans conflits majeurs, dans une seule Société dont il faut souligner qu'elle est surtout londonienne et dont l'expansion au-dehors reste fort discrète.
En France — pour des raisons historiques sur lesquelles je ne