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Tout le long de son très intéressant rapport, Claude Le Guen nous laisse apercevoir une interprétation de Freud qui met en valeur la dimension dialectique de la théorie et de l'expérience psychanalytiques. Vue sous ce jour, la construction patiente, et savante, par laquelle Claude Le Guen essaie de recentrer la métapsychologie et la théorie de la technique psychanalytique autour du refoulement, nous a paru correspondre à un souci que nous partageons profondément: celui de revaloriser une conception de l'Inconscient qui soit à la fois dynamique et dialectique.
Ce souci n'est sans doute pas étranger à la place de choix que la notion de « renversement de l'affect », et plus en général de « renversements »1 détient dans le rapport: il explique peut-être aussi l'insistance avec laquelle Le Guen ramène la « question du refoulement » au problème théorique crucial posé par la relation qui s'établit, dans le Moi, entre le refoulement et la négation2. Peut-on, en effet, saisir et donner à saisir l'Inconscient psychanalytique si ce n'est à partir d'une position qui envisage celui-ci de façon dialectique, et respecte, ainsi, la logique « des oppositions non nécessairement contradictoires »3 qui existe à l'intérieur du Moi, entre système Cs et système Ics? Dans le vif de l'action psychanalytique, à cause de la nature particulière de l'objet de notre intérêt, nous sommes pris tout le temps au piège d'un acquis de connaissance qui nie ce que l'expérience vient d'affirmer, et vice versa.
On comprend bien, alors, que Claude Le Guen et ses collaborateurs aient senti le besoin de revenir sur le contexte culturel de l'œuvre