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Le grand travail de Claude Le Guen et coll. — qu'on peut à juste titre considérer comme un véritable tableau d'ensemble de la situation psychanalytique en 1985 — propose quelques considérations que nous résumons ici rapidement.
1. Le concept de refoulement, qui en 1892 désigne un mouvement psychique intentionnel ayant pour effet d'inhiber et réprimer des représentations pénibles, insupportables, concerne en premier lieu la pathologie psychique, comme l'indique le sous-titre de la « Communication préliminaire »: « Sur le mécanisme psychique des phénomènes hystériques. » Il est vrai cependant que Freud envisage immédiatement une application du concept à la normalité psychique1. Et ce qu'écrivent Le Guen et coll. est donc vrai: « La pathologie éclaire la normalité », ce qui peut conduire ultérieurement à concevoir un aspect « normal » du refoulement (p. 11).
2. C'est bien dans cette direction générale que se sont engagés Freud ainsi que la psychanalyse. Cette discipline est devenue non seulement une métapsychologie, mais une interprétation générale des comportements humains. Ici surgit une question de principe. L'aspect défensif, stratégico-militaire, qui au début concernait essentiellement un domaine spécifique et altéré du psychisme, est devenu un pivot central de l'édifice freudien. Les normes (défensives) qui définissaient un comportement altéré sont devenues normes du comportement non altéré. Evidemment, le tableau du psychisme non altéré doit tenir compte des différences rencontrées. Mais la normativité des processus défensifs — au sens de capacité de produire et prescrire des normes — est évidente et se maintient efficacement, quel que soit le cadre où on vient l'inscrire. Cette normativité a comme postulat théorique la continuité entre état d'altération et état de nonaltération, c'est-à-dire l'absence de différences qualitatives entre les deux. L'anormal est, mutatis mutandis, le normal. De ce point de vue, nous avons devant nous la conception du rapport entre no