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Les analystes sont des passionnés des origines, avions-nous conclu lors des Journées occitanes de Montpellier présidées par M. Fain et R. Dorey dont le sujet était « Les fantasmes originaires dans la cure ». Dans le prolongement de ces travaux j'en suis arrivé à une réflexion sur le refoulement originaire qui me paraît se situer davantage du côté du refoulement originel que du refoulement primaire, mais je n'en suis pas absolument sûr.
Je voudrais m'attacher à souligner que le refoulement originaire suppose des expériences précoces avec l'objet, suivies d'après-coups qui font eux-mêmes partie de cet originaire. Il ne s'agira ici ni d'histoire ni de mythe mais de reconstruction excluant toute réification. Les diverses acceptions du refoulement originaire pourraient alors être rassemblées en deux grands groupes.
Dans le premier groupe, le refoulement originaire, considéré comme extrêmement précoce, traite directement l'excitation à l'état brut, point de vue qui s'apparente à celui du Freud romantique dont a parlé A. Andreoli.
Le rôle des excitations externes est valorisé par Freud dans Inhibition, symptôme et angoisse (p. 10): « La trop grande force de l'excitation et l'effraction du pare-excitations sont les conditions immédiates du refoulement originaire », cette phrase semblant indiquer une réception passive de l'excitation; « Face à cette effraction », ajoute Freud dans « Au-delà du principe de plaisir » (p. 37), « l'appareil psychique va constituer une formidable contre-charge énergétique au prix de l'appauvrissement de tous les autres systèmes ». Cette contre-charge est sans doute un modèle archaïque du contre-investissement en tant que s'opposant à l'investissement massif et dangereux du Moi précoce par les excitations. Or explique Freud dans l'article sur « L'inconscient », « … le contre-investissement est le seul et unique mécanisme du refoulement originaire ». L'énergie interne utilisée par ces contre-investissements, bien que très archaïque et non différenciée