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Claude Le Guen et ses collaborateurs, dans le très vaste rapport qu'ils ont élaboré, ne se sont pas contentés de rappeler l'idée, maintes fois réaffirmée par Freud, selon laquelle le refoulement était « la pierre angulaire de l'édifice psychanalytique ». Ils ont cherché à l'illustrer tout au long de leur travail en nous montrant comment, à partir de la seule étude du refoulement, on pouvait embrasser l'ensemble de la théorie psychanalytique.
En ce qui me concerne, mes ambitions seront plus modestes, en proposant une réflexion sur l'étude que Freud a consacrée à la première analyse d'un oubli de nom: celui du peintre Signorelli.
Cette analyse touche de près le thème de notre congrès: elle est en effet la première à montrer l'existence des processus de refoulement à l'œuvre dans notre vie psychique courante. Freud prendra soin de qualifier celle-ci de « vie psychique normale ».
Comme nous le savons, il s'agit d'une étude qui fait l'objet d'un premier article de Freud dès 1898, intitulé « Sur le mécanisme psychique de l'oubli »1 puis qui est rappelée en 1901 dans les premières pages de la Psychopathologie de la vie quotidienne sous le titre: « Les oublis de noms propres. » C'est ce texte qui demeure le plus connu des deux.
Je note aussi que Freud fait part de cet oubli de nom, dans une lettre à Fliess, datant de la même époque (septembre 1898).
Cette étude fait donc partie de toute une série de textes qui ont inauguré la naissance de la psychanalyse et, à ce titre aussi, son évocation me paraissait avoir sa place dans les rencontres de ce congrès.
Il est aussi opportun de souligner que Freud bien des années plus tard, en 1925, dans Ma vie et la psychanalyse, reviendra sur les raisons qu'il avait d'accorder de l'importance à la Psychopathologie de la vie quotidienne, « le plus lu de ses ouvrages » aimait-il à rappeler. Il insistera alors sur le fait que ce livre (comme celui de L'interprétation des rêves, auquel il l'associe) lui avait permis de démontrer l'existence d'une co