You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il y a plusieurs années, j'ai proposé de désigner l'ensemble des opérations psychiques dont le refoulement est le prototype et qui a ultérieurement donné naissance à des variantes distinctes telles que la négation, le désaveu et la forclusion, sous la dénomination de travail du négatif. Cette expression empruntée à la philosophie ne doit plus rien à ses origines hégéliennes. Elle a d'ailleurs été reprise par de nombreux analystes. Faut-il rattacher le travail du négatif au seul Moi et à ses mécanismes de défense? On pourrait le penser au premier abord. Je soutiendrai, au contraire, que le travail du négatif s'étend à l'ensemble des instances de l'appareil psychique. Soit encore que l'analyse nous amène à distinguer le Non du Moi, le Non du Surmoi et le Non du Ça. J'envisagerai également les incidences de la réponse de l'objet sur la constitution des rapports Oui-Non. Ces problèmes ne sont pas uniquement théoriques, car ils soulèvent des questions techniques d'analysabilité.
Dans son article sur « Le refoulement » en 1915, Freud, envisageant deux éventualités du sort de la représentation, à savoir sa disparition du conscient lorsqu'elle était consciente ou son maintien à l'écart de la conscience quand elle était sur le point de le devenir, écrit: « La différence n'a pas d'importance: elle revient à peu près à savoir si je renvoie un hôte indésirable de mon salon ou de mon antichambre, ou bien si, l'ayant reconnu, je ne le laisse même pas franchir le seuil de ma demeure. » Il complète: « Cette comparaison applicable au processus du refoulement peut aussi être étendue à une caractéristique déjà mentionnée du refoulement. Il suffira d'ajouter que je dois placer en permanence un gardien à la porte qu'il est interdit à l'hôte de franchir: autrement celui qui a été écarté l'enfoncerait »2.
La comparaison est révélatrice. Elle comporte plusieurs registres. A côté d'aspects qui nous sont familiers: dynamiques, topiques et économiques (allusion au trauma de la porte enfoncée),