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Votre réflexion sur le concept psychanalytique de refoulement vous a permis, Claude Le Guen ainsi que vos collaborateurs, d'apporter non seulement des clarifications utiles, mais également de nouvelles questions. L'une des questions que vous posez à propos du refoulement concerne le rôle des affects par rapport aux défenses.
J'ai mieux saisi dans votre présentation du rapport, grâce à vos exemples cliniques, comment vous vous interrogez sur le lien entre affects et défenses, et c'est ce point que j'aimerais discuter.
Si je vous ai bien compris, dans le premier cas clinique vous parlez de « l'interprétation qui retourne », de « l'interprétation qui renverse », en donnant comme exemple une interprétation dans laquelle vous montrez à votre patient l'amour caché derrière la haine (lorsque vous lui dites qu'il a envie d'uriner parce qu'il vous aime bien). Dans le second cas clinique, celui d'une réaction thérapeutique qui vire et devient négative, vous parlez également d'un retournement, mais d'un retournement qui n'arrive pas à être retourné par l'interprétation: vous parlez d'un « trop bon départ » du processus analytique, suivi de l'attitude négative du patient envers vous.
Je pense que si l'on peut parler de retournement, de renversement à propos des mécanismes de défense, il n'en est pas tout à fait de même à propos des affects, particulièrement en ce qui concerne l'opposition amour/haine qu'on peut considérer certes sous l'angle du retournement, mais qui n'est à mon avis qu'une étape dans la voie de l'intégration pulsionnelle. En effet, dans le retournement il y a l'idée qu'un sentiment cache le sentiment opposé, et que si l'un devient conscient, l'autre ne l'est plus.
Par rapport à l'intégration des affects il me semble essentiel que l'analyste reçoive dans le transfert le double courant d'amour et de haine, et les he dans son interprétation pour les réunir et éviter leur désunion (ou leur désintrication).
Cela, Claude Le Guen, vous l'avez dit en qualifiant d' « idéale