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La date limite à la remise de communication est intervenue de telle sorte que j'ai lu la dernière partie du rapport après avoir rédigé ma communication. Cette dernière partie m'a amenée à constater que notre compréhension de ce qui devient refoulé originel est très proche. Mon Moi, comme le tien, Claude, existe potentiellement d'emblée. Il n'est pas plus fixiste que le tien et mon travail psychique brut, si je le dis économique, ne manque pas de dynamique pour autant — le deuxième retournement le reflète.
Mais il y a une différence entre nous. Toi, tu as recours à la perception intolérable du non-mère, perception refusée car génératrice d'angoisse. Son refus donne lieu à la représentation du non-mère car « mieux vaut être terrifiée par ce non-être que confrontée à l'absence ». « Le non-mère est objet de contre-investissement et l'angoisse de l'absence en est refoulée ». Moi, j'explique l'achèvement de l'émergence du Moi par l'échec optimum de l'hallucination anticipatrice de la satisfaction (optimum en fonction du temps de réponse de la mère et de la qualité de la satisfaction qu'elle procure). Pour moi, l'absence de la mère invalide la représentation pour permettre la perception. L'absence de la mère finit de dégager le Moi, l'objet et l'investissement de l'objet par le Moi pour contre-investir les représentations premières.
Je schématise à l'extrême pour désigner l'essentiel de ce qui nous sépare. Pour toi il y a une perception du non-mère qui se représente, chez moi il y a une représentation qui ne trouve pas de mère pour la confirmer. Pour toi le travail psychique vient combler la perception refusée de l'absence, pour moi l'absence rend le travail psychique non fiable et, de ce fait, refusé.
Je me suis demandé pourquoi toi tu perçois l'extérieur comme une menace, alors que moi je vois une réalité psychique menaçante. La réponse me renvoie à la différence anatomique des sexes. Monique Cournut, lors de sa récente conférence, a bien mis en évidence le manque, chez la