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Claude Leguen dans son important rapport sur le refoulement note l'aspect contradictoire du surmoi, voire paradoxal1 de ses injonctions ainsi que sa double origine en tant qu'il est issu du ça puis héritier du complexe d'Œdipe à la fois « produit du refoulement et producteur de refoulement »1. Or, ajoute-t-il, Freud entérine l'idée de M. Klein et des auteurs (tels Spitz et Glover) qui comme elle originent le surmoi dans un registre préœdipien. Ne nous invitent-ils pas à penser à une édification en deux temps du surmoi?
C'est ce point que je tente de développer à travers la psychothérapie d'un adolescent atteint de névrose obsessionnelle que j'ai suivi jusqu'à l'âge adulte.
Dans cette névrose, le refoulement échouant, le surmoi est contraint à une sévérité de plus en plus grande pour tenter de refouler la motion pulsionnelle qui sans cesse cherche à faire retour. L'échec du refoulement du complexe d'Œdipe renvoie à un refoulement raté antérieur, se situant « à l'âge préhistorique de l'enfance »1, au temps de l'ambivalence, celui de la « séparation très précoce des contraires »1, à une régression « par laquelle une tendance sadique prend la place de la tendance tendre. C'est cette impulsion hostile contre une personne aimée qui succombe au refoulement »2.
Chez mon patient, la mort de son père a lieu lorsqu'il a quatre ans à l'acmé du complexe d'Œdipe, la mise en évidence dans le traitement d'un moment mélancolique après cette mort me conduit à faire l'hypothèse