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La perte de l'existence effective, par mort ou disparition d'un objet d'amour (celui qui, investi comme totalité humaine, est aussi nécessaire à la satisfaction pulsionnelle), confronte le sujet à l'obligation du deuil. Douleur, refus de la réalité, fantasme de la présence, réalité de la perte, douleur — douleur et haine, haine et douleur… Le cycle se répète et fait place progressivement aux transformations qui permettront l'investissement d'un nouvel objet. L'identification à l'objet perdu, grâce à l'assimilation de certaines de ses caractéristiques, restaure tout à la fois l'estime de l'objet et l'estime de soi, comme nous le savons… A la condition, bien entendu, que l'organisation mentale le permette.
La perte de l'amour de l'objet (de l'amour reçu d'un objet aimé) confronte tôt ou tard le sujet à la même obligation d'un travail de deuil, avec cette difficulté que l'espoir lié à l'existence de l'objet risque de perturber, d'allonger, de gauchir, voire d'empêcher le travail de deuil; la réalité qui, là, n'est pas celle de la mort est moins violemment convaincante et laisse un certain champ à l'illusion. La perte de l'investissement amoureux et le sentiment d'échec qui l'accompagne souvent réveillent peu ou prou les traces de l'échec œdipien, et le deuil du désir œdipien est à reprendre de nouveau. La dévalorisation par perte de l'amour de l'objet, vécue comme traumatisme narcissique, rompt certains équilibres internes. Elle peut en particulier désorganiser le système féminin de valorisation — complétude par le pénis de l'autre — et, chez l'homme, réactualiser toute la problématique de la castration. Freud a souligné une équivalence entre la crainte féminine de la perte de l'amour et l'angoisse de castration masculine.
Ce n'est souvent que l'investissement par un nouvel objet qui permet de panser la plaie, grâce à la revalorisation qu'elle signifie. En témoigne la fréquente fringale d'aventures des amoureux délaissés… quand le vide créé par l'objet reste un vide à co