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Contrairement à ce qu'énonce la célèbre phrase « L'amour est enfant de Bohême et n'a jamais connu de loi », c'est avec une démarche scientifique que nous analyserons « d'une main lourde et pour un plaisir esthétique moindre »1 les lois latentes de la vie manifeste des amoureux.
Pour débuter, il aurait peut-être été souhaitable de définir d'une manière précise certains termes comme l'état amoureux ou l'état d'amour dont il sera question dans ce texte.
René Crevel a écrit: « L'amour désigne à la fois un dieu, toute l'affectivité, beaucoup de littérature et trente-deux positions. » Cette définition non dénuée d'humour servira notre propos. Cette absence de précision n'est pas une pirouette. Les exemples de comportements amoureux, de paroles d'amour qui seront cités devraient être suffisants pour les psychanalystes sans avoir à définir un concept.
Les psychanalystes n'ont pas grand-chose à dire sur l'Amour avec un grand A; par contre, ils peuvent parler des mécanismes amoureux ou des mécanismes d'amour. Le terme de mécanisme peut paraître choquant pour le sujet traité et être remplacé par processus ou mode de fonctionnement. Il s'agit, en fait, d'introduire une notion de dynamisme et d'éviter l'impasse de la psychologie du XIXe siècle lorsqu'elle étudiait la Volonté ou la Perception au lieu d'examiner les actes volontaires ou perceptifs.
Processus amoureux, processus d'amour. Cette séparation arbitraire ou plus exactement exagérée n'est pas seulement un artifice méthodologique. Etre amoureux ou être en état d'amour ne relève pas du même processus mental ou affectif.
Nous sommes tentés d'énoncer d'emblée l'hypothèse que l'état amoureux