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« Le petit frère — MORT — d'abord c'est inintelligible et puis brusquement, de partout, du fond du monde, la douleur arrive, elle m'a recouverte, elle m'a emportée, je ne reconnaissais rien, je n'ai plus existé, sauf la douleur… L'erreur qu'on avait faite en quelques secondes a gagné tout l'univers. Le scandale était à l'échelle de Dieu… Le corps de mon frère était mort. L'immortalité était morte avec lui… Il faut prévenir les gens de ces choses-là, leur apprendre que l'immortalité est mortelle… »
Premier rendez-vous avec Pièta qui me dévore des yeux dans une quête silencieuse où chaque mot est comme une déchirure. Fragile et tranparente, éparpillée dans un corps tassé qui respire la douleur, avec sur les bras le corps lourd de ses morts et de ses objets perdus. Deuils non accomplis s'encastrant les uns dans les autres. Morts traumatiques, accidentelles et brutales qui, dans l'actuel, viennent rouvrir la blessure d'autres pertes infantiles.
Pièta, femme hyperactive, mère de famille, est dans une lutte incessante contre son effondrement intérieur pour pouvoir assumer les tâches qu'elle s'impose. Le contre-investissement d'une haine archaïque et niée l'entraîne dans une activité sociale sublimée où elle se donne sans mesure. Elle défaille à l'intérieur d'elle-même face aux blessures des autres qui immédiatement rouvrent les siennes, mais elle continue sans relâche son travail d'aide et de soutien pour ne pas se figer dans ses fantasmes de mort. Soulager la douleur des autres, réparer ainsi ses objets perdus ou endommagés, se réparer elle-même.