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La psychanalyse en ses débuts résonne d'histoire(s) d'amour(s): Martha, Fliess, Dora.
Comment ne pas évoquer d'abord le jeune Freud écrivant à Martha, amoureux passionné, possessif et jaloux… c'est-à-dire, comme tout humain, aimant sur fond de risque: celui de perdre. Il l'aime, il veut l'épouser, il ne veut pas la perdre, il travaille dur: pour vivre avec elle, élever des enfants nés d'elle, l'homme de laboratoire, le chercheur se résigne, pour gagner sa vie, à soigner des êtres humains souffrants, à rencontrer la douleur en médecin; cette douleur, conçue d'abord comme réductible à des maladies organiques, à des atteintes anatomiques et physiologiques, s'avère, au fil du travail quotidien, réfractaire aux traitements physiques. Freud écoute, et la souffrance, de physique, devient aussi psychique.
Les histoires de patients de Freud, les premières, celles des lettres à Fliess ou des Etudes sur l'Hystérie, se lisent comme des histoires d'amour contrarié, déçu, « inconciliable »; aimer qui l'on ne doit pas, qui l'on ne peut pas aimer, quels que soient le type et le niveau de l'impossibilité, de l'interdiction. C'est cela que Freud va peu à peu explorer.
Quand, à propos de Dora, il théorise le transfert, il affine ce qui deviendra, non plus obstacle, mais outil: l'amour de transfert comme moteur de la cure. Dans un même mouvement, les passions interdites et l'amour de transfert sont étudiés et théorisés. Tôt dans l'œuvre, à propos de la Gradiva de Jensen, se superpose l'image du thérapeute à celle de la femme aimante et aimée; à travers rêves et latence, passé et jeux de mémoire, Zoé, pure messagère de vie, guérit Hanold grâce à l'amour.
Encore plus tôt, l'histoire de Breuer et de sa fuite devant l'amourpassion