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La douleur, chute d'affect, est un témoin de détresse du narcissisme. Elle nous apparaît comme une suspension de la fonction « objectalisante »1 du moi. Douleur liée à la perte de l'objet ou douleur liée à la menace sur l'amour — improprement appelée perte de l'amour comme nous essaierons de le montrer —, la clinique nous a familiarisés avec ces longues plaintes douloureuses, ces douleurs longtemps rebelles à l'interprétation. Il est vrai que la douleur, malgré l'empathie qu'elle suscite, n'est pas immédiatement partageable (cela est surtout vrai de la douleur qui assombrit le narcissisme) et pas « refoulable » directement, le pansement de l'interprétation qui soulage l'acmé douloureuse ne pouvant rien contre la nécessité du temps qu'il faut pour édifier la barrière des réinvestissements, voire des contre-investissements-remparts.
Typée comme là douleur du deuil, de la dépression mélancolique, plus aiguë comme dans certains états-limites ou de souffrance dans l'hystérie, nous apparaissant pure comme dans la souffrance des amoureux, la douleur est toujours un bouleversement narcissique, que la blessure de l'unité narcissique soit liée à une perte d'objet ou qu'a fortiori elle découvre, de plus, des brèches dans l'unité du moi. La notion d'investissement narcissique d'objet, si importante pour l'éclairage