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J'ai été amené, depuis plusieurs années, à constater, dans un certain nombre d'analyses, l'importance d'une problématique très particulière où la douleur psychique est au premier plan et où les sentiments de manque, de vide, voire d'effondrement, dominent le tableau clinique. Elle paraît prendre son origine dans la toute première relation de l'enfant avec sa mère, que certains ont qualifiée de duelle ou de symbiotique et pour laquelle je préfère, pour ma part, utiliser le terme de fusionnelle, dans la mesure où il exprime mieux que tout autre la « non-délimitation » du sujet par rapport à l'environnement extérieur, mais peut-être aussi par rapport à l'environnement intérieur que constitue son propre inconscient.
Cette problématique semble d'ailleurs avoir attiré l'attention d'un certain nombre d'auteurs. On la trouve évoquée par Imre Hermann dans L'Instinct filial en 1943. Elle est également au cœur du travail de Balint, à la suite de Ferenczi, dans le Défaut fondamental, ou de celui de Winnicott autour des notions « d'agonie primitive » et de « crainte de l'effondrement ». Les travaux anglo-saxons sur l'adhésivité1 et les recherches éthologiques sur l'agrippement y ont aussi apporté leur éclairage latéral.
Je voudrais présenter ici ma contribution clinique et théorique à l'étude de cette problématique et proposer quelques clés de compréhension à des cas d'analyses particulièrement difficiles où l'on est parfois amené à évoquer la réaction thérapeutique négative.
Ces cas nécessitent, sur le plan thérapeutique, des aménagements techniques dont le maniement est souvent délicat.
Je m'appuierai tout particulièrement sur le cas d'une analyse qui