You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
… « Je me suis posé des questions et j'ai répondu de mon mieux, je me suis fait redire, soir après soir, la même histoire que je savais par cœur sans pouvoir y croire… »
Le film d'Alain Resnais L'amour à mort commence par un cri d'agonie, dans la nuit, et une femme devant le cadavre de son compagnon hurle: « Simon, ne sois pas mort. »
L'extrême banalité choisie par le cinéaste dans tous les plans du film nous indique, mieux que toute image baroque, que nous touchons à la pointe extrême du dépouillement vers lequel tend toute vie humaine. Scènes banales, quotidiennes, à peine sensuelles qu'entrecoupent ces plages noires, tantôt tout à fait noires, tantôt traversées de « galaxies ». En tout cas, les seuls moments du film où la musique se fait entendre, de plus en plus convaincante, de plus en plus lyrique, de plus en plus déchirante.
Or ce film, s'il parle en effet d'amour et de mort, nous montre surtout la simplicité d'une résurrection, cette histoire que nous savons « par cœur, sans pouvoir y croire » comme dit Beckett, évoquant la tendresse de son lien avec son père dans son enfance et cette histoire racontée tous les soirs, avant la plongée dans le noir de la nuit.
C'est de la technique utilisée par Resnais dans son film que je voudrais partir pour poursuivre avec lui une réflexion sur ce qui est