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Le lien historique entre l'hystérie et la Psychanalyse est devenu pour nous, dans l'après-coup, structural. Je souhaite l'envisager ici sous Un angle particulier : dans quelle mesure « l'artifice » de la situation analytique est-il entré, et entre-t-il en résonance avec l'inauthenticité, le désaccordé de l'affect hystérique, son expressivité « théâtrale » et surtout le raté de son Pathos ? Faut-il parler de connivence, de convenance, de contenance, ou au contraire mettre l'accent sur la dynamique d'une inadéquation ? On l'a assez Souligné : l'hystérique dans un même mouvement semble mettre l'analyste « en position », et l'en déloger. Cette simultanéité d'une condensation des contraires, d'un double sens, le processus analytique tente d'en faire une alternance de séquences, avec ses latences et ses après-coups. N'est-ce pas exactement ce que Freud décrit comme « la dynamique du transfert » ?1.
Mais c'est dans Observations sur l'amour de transfert2 que je trouverai un point de départ : Freud compare l'émergence de l'amour de transfert à la perturbation d'une représentation théâtrale : « La scène a entièrement changé, tout se passe comme si quelque comédie eût été soudainement interrompue par un événement réel, par exemple lorsque le feu éclate pendant une représentation théâtrale. » Et Freud commente : « Le médecin qui assiste, pour la première fois, à ce phénomène a beaucoup de mal à maintenir la situation psychanalytique et à résister à la tentation de croire que le traitement est (vraiment) achevé. » Une convention avait présidé à la mise en place du cadre, et désigné la situation comme « imaginaire » ; la voilà remise en cause : c'est « pour de vrai » que le feu a pris. Mais où ? Sur la scène, ou dans la salle, ou encore dans la rue ? Qui l'a allumé ? Et qui crie « Au feu! »?