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A la lecture du thème proposé à la discussion par René Diatkine — « Que veulent dire les psychanalystes en 1985 quand ils utilisent le substantif “hystérie” et l'adjectif “hystérique” ? » —, une réflexion d'allure moralisatrice m'est venue à l'esprit, inspirant le titre parodique donné à cet article : les psychanalystes ne seront jamais trop circonspects dans leur usage de substantifs pour décrire et classer les processus psychiques qu'ils jugent pathologiques, malgré les commodités que ces étiquettes offrent à la communication et à la circulation des informations.
Ce type de bougonnement n'est pas nouveau pour moi et je l'avais longuement émis à propos de l'alcoolisme et des alcooliques, persuadés que nous étions alors, Salem Shentoub et moi, que la multiplicité et la complexité des mécanismes psychologiques que les patients que nous rencontrions nous faisaient partager se voyaient pour des raisons contre-transférentielles enfermés dans des substantifs finalement plus injurieux que seulement simplificateurs.
Qu'étaient devenues au juste pour moi ces notions d'« Hystérie » et d' « Hystérique » auxquelles il me fallait réfléchir pour préciser l'emploi que je pouvais éventuellement en faire ? Utilisais-je vraiment ces termes ? La connaissance de l'entité morbide qu'ils désignaient m'était-elle d'une quelconque utilité dans ma pratique quotidienne et n'avais-je presque pas tout oublié de sa description classique ? Modifiais-je moindrement, car c'était la question essentielle, mon attitude et mes interventions dans les cures psychanalytiques en fonction de « tableaux cliniques » que j'aurais reconnus et classés selon ces catégories ? En fait, je ne le pensais pas.
Confusément, je percevais pourtant en évoquant ces mots quelque