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Michel Ody, s'appuyant entre autres sur des travaux publiés par D. Braunschweig et moi-même, a souligné l'existence d'un antagonisme entre ce que désignent, faute de mieux, les locutions « noyau dépressif » et « noyau hystérique ». Or, la clinique psychiatrique qui décrit la dépression hystérique se place dans une position clinique d'observation.
L'idée affirmant qu'une Symptomatologie phobo-hystérique peut masquer une dépression a bien du mal, à première vue, à expliquer son économie. La notion d'une défense masquant la dépression bouleverse la notion même de défense : n'assimile-t-elle pas le « noyau dépressif » à l'inconscient contre lequel s'élaborent habituellement les défenses ? Ainsi, des comportements normaux ou d'allure névrotique ne seraient pas issus d'un travail portant sur les pulsions mais d'organisations psychiques vivant à empêcher une tendance potentielle à régresser vers un noyau dépressif primitivement constitué.
Michel Ody distingue alors la dépression d'infériorité décrite par Francis Pasche, de la dépression faisant suite à une déprivation telle que le réalise l'hospitalisme. Cette différence est-elle aussi radicale qu'elle en a l'air ? L'hôpital du temps de l'hospitalisme, en raison des soins qui lui étaient prodigués, exigeait du nourrisson qu'il guérisse, créant ainsi l'image d'un bébé guéri alors que son organisation ne constituait pas le lieu nécessaire et suffisant pour que ce but soit atteint. La dépression anaclitique, résultat de l'hospitalisme, entraînait l'angoisse de l'hôpital.
La différence entre dépression d'infériorité et dépression anaclitique portera sur une plus grande complexité de la première. D'une façon encore plus générale, on peut dire que peu d'individus n'échappent à une programmation qui ne les considère que partiellement comme des individus.